CRIEF : le procès en appel de Dr Ibrahima Kourouma entre dans la phase des plaidoiries et réquisitions

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La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a examiné le procès en appel de Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire, et de son coaccusé Mohamed V Sankhon. Les débats ont opposé la partie civile (État guinéen), le ministère public et la défense des prévenus.

La Cour a entendu les plaidoiries des parties et les réquisitions du ministère public dans le cadre de l’appel dirigé contre le jugement rendu en première instance par la chambre de jugement de la CRIEF. L’audience s’est tenue devant la chambre des appels, juridiction spécialisée compétente en matière d’infractions économiques et financières.

L’affaire a été appelée ce mardi, 20 janvier 2026, lors d’une audience publique. La partie civile a estimé que la relaxe prononcée pour détournement de deniers publics n’était pas juridiquement fondée et a demandé l’infirmation partielle du jugement. Le ministère public a soutenu la confirmation de la décision de première instance, tandis que la défense plaidait l’absence d’éléments probants. Le prévenu s’est exprimé en dernier et s’en est remis à la sagesse de la Cour.

Les débats se sont déroulés conformément aux règles de la procédure d’appel prévu par les articles 292 et 293 du Code de procédure pénale guinéen protègent le droit d’appel des ordonnances du juge d’instruction, notamment celles prolongeant la détention provisoire :

le procureur de la République et le procureur général peuvent interjeter appel (article 292) ;

l’inculpé dispose aussi de ce droit (article 293), tandis que la partie civile ne peut pas faire appel d’une ordonnance portant sur la détention de l’inculpé.

Les avocats de l’État ont formulé leurs demandes de condamnation et de réparation civile. Le ministère public a présenté ses réquisitions après avoir interjeté un appel incident, et la défense a contesté la preuve des charges.

À l’issue des plaidoiries, le président de la chambre des appels a mis l’affaire en délibéré et a ordonné le renvoi du dossier à l’audience du mardi 10 février, date à laquelle la Cour devait rendre sa décision définitive. Ce renvoi visait à permettre aux juges de statuer après un examen approfondi des moyens d’appel et des réquisitions.

Pour rappel, Dr Ibrahima Kourouma avait été condamné le 14 mai 2024 à quatre ans d’emprisonnement pour enrichissement illicite, avec confiscation de l’essentiel de ses biens, tout en étant relaxé du chef de détournement de deniers publics. Cette affaire s’inscrivait dans le cadre de la politique de lutte contre la corruption et la délinquance économique engagée depuis septembre 2021.

 

Morlaye Damba Morlaye