Tribunal de Libreville : Une notaire condamnée pour escroquerie immobilière

​Le verdict est tombé le 17 février dernier. Maître Inès Leslie Mouyaga a été reconnue coupable d’escroquerie et condamnée à une peine de prison assortie du sursis, ainsi qu'à de lourdes réparations financières.
 
​Le tribunal correctionnel de Libreville a tranché dans l'affaire opposant le ministère public à Maître Inès Leslie Mouyaga. La notaire a été condamnée à six mois d'emprisonnement avec sursis et au versement de 13 millions de FCFA au titre de dommages et intérêts. La juridiction a retenu la qualité de "primo-délinquante" pour justifier l'absence de mandat de dépôt.
 
​L'instruction a mis en lumière des irrégularités graves lors d'une transaction foncière à Libreville. Selon les motifs du jugement :
 
​- Manœuvres frauduleuses : La prévenue, avec le concours de collaborateurs, aurait certifié à un acquéreur que le titre foncier était libre de toute sûreté (nantissement ou hypothèque), alors que le propriétaire légitime n'avait pas été consulté.
- ​Malversations financières : L'accusation a relevé des encaissements en numéraire effectués au sein de l'étude, mais délibérément maintenus hors comptabilité officielle.
​Cette condamnation intervient dans un contexte de mutation profonde de l'appareil judiciaire gabonais. Elle fait suite au Conseil Supérieur de la Magistrature exceptionnel de décembre 2025, qui a redessiné la carte judiciaire du pays.
« Cette décision pourrait marquer la fin d'une certaine forme d'impunité », confie une source proche du dossier, évoquant des protections dont aurait bénéficié la prévenue par le passé pour entraver les procédures.
​Pour de nombreux observateurs, ce dossier fait figure de test pour la "nouvelle dynamique" impulsée par le Chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema. L'enjeu est double :
​- Restaurer la crédibilité des professions assermentées (notaires, huissiers).
- ​Affirmer l'indépendance des magistrats face aux réseaux d'influence.
​Si cette condamnation est perçue comme un tournant, l'opinion publique attend désormais de voir si cette rigueur jurisprudentielle s'appliquera de manière systématique aux dossiers sensibles à venir.