Cri du cœur d’un jeune Guinéen de l’étranger, Mohamed Lamine Camara
Rédacteur en chef : Moustapha Traoré, MAGJURY
Quelques jours après l’élection présidentielle du 28 septembre 2025 en République de Guinée, un jeune lecteur guinéen vivant à l’étranger, Mohamed Lamine Camara, connu sous le surnom MANAGER MC, a confié à la rédaction de MAGJURY un cri du cœur empreint de lucidité, de douleur et d’espoir.
Sa plume, vive et engagée, traduit les préoccupations profondes d’une jeunesse guinéenne qui, même loin de la terre natale, demeure intimement liée au destin de son pays.
Dans son texte, il dénonce un système profondément enraciné, qu’il tient pour responsable de la corruption, de la mauvaise gouvernance et des inégalités structurelles qui affectent la République de Guinée depuis plus de cinquante ans. Pour lui, ce système ne connaît ni frontières ethniques ni favoritisme régional : il traverse l’ensemble du tissu social et touche toutes les communautés du pays Soussou, Peuls, Malinkés, Kissi, Toma, entre autres.
Selon MANAGER MC, le « système de gouvernance guinéenne » repose sur un réseau d’influence informel, composé de fonctionnaires, de responsables politiques, d’hommes d’affaires et d’autres acteurs puissants, qui exploitent leurs positions institutionnelles ou économiques à des fins strictement personnelles, en violation de l’intérêt général.
À ce noyau s’ajoutent ce qu’il appelle les « fils du système » : des proches ou héritiers de ces élites, bénéficiant de privilèges, de passe-droits et d’opportunités inaccessibles à la majorité des citoyens, souvent en dehors de toute logique de mérite ou de légalité.
MANAGER MC qualifie cette situation de dérive systémique, où la captation du pouvoir et des ressources publiques devient héréditaire, verrouillant l’accès à l’égalité des chances et compromettant la justice sociale.
Ensemble, ces acteurs entretiennent un statu quo institutionnel qui neutralise les initiatives citoyennes, décourage l’innovation et affaiblit toute tentative de réforme profonde.
Ce cri du cœur n’est ni une plainte isolée ni un discours de rupture : il est l’expression réfléchie d’une jeunesse consciente, exigeante et résolument tournée vers l’avenir.
Le jeune auteur met en évidence plusieurs effets destructeurs de ce système :
Corruption omniprésente : détournements de fonds publics, enrichissement personnel et banalisation de l’illégalité ;
Inégalités criantes : concentration des opportunités économiques, administratives et sociales entre les mains d’une minorité privilégiée ;
Mauvaise gouvernance : décisions publiques orientées vers des intérêts particuliers, au détriment de l’intérêt général et du développement national.
Mohamed Lamine Camara insiste sur un point fondamental : il ne s’agit pas d’un problème ethnique, mais d’un problème de valeurs et d’éthique publique.
Selon lui, la République de Guinée a un besoin urgent de transparence, d’intégrité, de responsabilité et d’engagement collectif.
« Le changement commence par chacun de nous. Si nous restons passifs, nous perpétuons le chaos. Mais si nous agissons ensemble, nous pouvons rétablir la dignité et l’avenir de notre nation. » MANAGER MC
À travers MAGJURY, nous relayons ce cri du cœur avec responsabilité et conviction. Il constitue une interpellation citoyenne légitime, portée par un jeune Guinéen de l’étranger, mais enracinée dans les réalités nationales.
Nous invitons l’ensemble des jeunes, citoyens, intellectuels et décideurs de la République de Guinée à prendre conscience de ces alertes, à dénoncer les abus et à œuvrer collectivement pour un État plus juste, plus transparent et véritablement au service du peuple.
Moustapha Traoré
Rédacteur en chef, MAGJURY
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