Procès BNIG à la CRIEF : Les révélations explosives du successeur d’Alpha Mohamed Kalo
Le procès d’Alpha Mohamed Kalo, l’ancien patron de la Banque Nationale d’Investissement de Guinée (BNIG), a pris une tournure électrique ce mercredi 18 février 2026. Appelé à la barre de la CRIEF, son successeur, Moussa 2 Kamissoko, n’a pas mâché ses mots pour décrire l’héritage laissé par son prédécesseur.
Nommé en avril 2022, le nouveau directeur général a dressé un portrait peu flatteur de l’institution à son arrivée : désorganisation totale et absence de système informatique bancaire structuré.
« On a trouvé une gestion chaotique », a-t-il affirmé, avant de détailler une série d'irrégularités
Moussa 2 Kamissoko a pointé du doigt plusieurs opérations où l'argent semble s'être évaporé sans laisser de documents contractuels :
- L’énigme Djoliba Pêche : Un virement de 7 milliards GNF a été effectué par la BNIG pour l'achat de barques de pêche. Problème ? « Aucune pièce justificative, aucun contrat », selon le DG.
- Afriland FirstBank : Un virement de 9 milliards GNF a été identifié, dont 6 milliards ont été payés. Là encore, le flou artistique domine.
- Le serveur fantôme : Une dépense de 300 millions GNF aurait été facturée pour l'achat d'un serveur informatique... qui n'a jamais existé physiquement.
- Sorties de fonds inexpliquées : Une somme de 199,5 millions GNF reste à ce jour totalement injustifiée.
Le témoignage a également mis en lumière des dépenses d'équipement surprenantes :
- Rénovation : Un devis de 10 milliards GNF, complété par une facture de 2,6 milliards GNF pour des « travaux complémentaires ».
- Véhicule d’occasion : Une trace de sortie de 790 millions GNF pour l'achat d'une Toyota d'occasion en provenance des États-Unis.
Pour rappel, Alpha Mohamed Kalo (en détention depuis juillet 2022) et ses co-accusés (dont les sociétés Afriland First Bank, Ejico et Djoliba Pêche) sont poursuivis pour :
- Détournement de deniers publics et corruption.
- Blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.
- Faux et usage de faux en écritures publiques.
La suite des débats est fixée au 4 mars prochain devant la CRIEF.
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