AFFAIRE ABDOULAYE BÂ : LE PROCUREUR DE DAKAR LÈVE LE VOILE SUR LES CAUSES DU DÉCÈS

Dakar, le 19 février 2026
 
​Dans une déclaration très attendue par la communauté universitaire et l'opinion publique sénégalaise, le Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, s'est exprimé ce mardi sur les circonstances entourant le décès tragique de l'étudiant Abdoulaye Bâ. Les faits, survenus lors des récents troubles à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), avaient suscité de nombreuses spéculations sur une éventuelle intervention violente des forces de l'ordre.
​Le magistrat a été catégorique : les éléments de l'enquête, et plus particulièrement les conclusions scientifiques, privilégient la thèse de l'accident ou de la défenestration involontaire. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l'étudiant qui a sauté du quatrième étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l'asphalte », a précisé le procureur.
 
​Selon le ministère public, la violence de l'impact explique la nature des lésions corporelles observées. Le médecin légiste a relevé des dommages compatibles avec une chute d'une grande hauteur, infirmant ainsi les rumeurs de sévices corporels préalables.
​Face à la presse, Ibrahima Ndoye a tenu à disculper toute forme d'agression physique comme cause du décès :
 
​Absence de traces de lutte : « Rien ne permet d'établir ou d'affirmer qu'il a été battu », a-t-il affirmé.
 
Le choc ayant provoqué l'arrêt des fonctions vitales résulte exclusivement de l'impact avec le sol (l'asphalte). Le procureur s'appuie scrupuleusement sur le rapport d'autopsie, document pivot qui dicte désormais la suite de la procédure judiciaire.
 
​D'un point de vue procédural, ces conclusions sont déterminantes :
​- L'absence de tiers : Si l'enquête confirme que la chute a été provoquée par l'étudiant lui-même (fuite, panique ou geste désespéré) sans intervention physique directe d'un tiers, la responsabilité pénale pour homicide pourrait être écartée.
 
​- La qualification des faits : Pour l'heure, le parquet semble s'orienter vers une « mort accidentelle », à moins que de nouveaux témoignages n'indiquent que l'étudiant a été poussé ou contraint de sauter sous la menace.
 
​Cette sortie médiatique vise à apaiser les tensions au sein du campus social de l'UCAD, tout en rappelant que la justice se fonde sur des preuves matérielles et scientifiques incontestables avant toute mise en cause.