Tribunal de Dixinn : Mamadou Bah jugé pour escroquerie sur plus de 500 millions de francs guinéens

Le tribunal correctionnel de Dixinn a tenu, ce lundi 26 janvier 2026, l’audience visant Mamadou Bah, poursuivi pour escroquerie portant sur un montant estimé à 554 millions de francs guinéens. Le prévenu, qui avait été placé sous mandat de dépôt en janvier 2025 avant de bénéficier d’une remise en liberté, est actuellement en fuite et n’a pas comparu à l’audience.

Mamadou Bah est accusé d’avoir perçu des fonds auprès de plusieurs personnes pour des voyages à l’étranger qui ne se sont jamais réalisés. Selon le Code pénal guinéen, les faits constituent une escroquerie, définie comme l’obtention frauduleuse de biens ou de fonds par des manœuvres trompeuses, avec préjudice pour les victimes.

Le prévenu avait été interpellé le 23 janvier 2025 et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry. Au fil de la procédure, il a bénéficié d’une remise en liberté, mais ne s’est plus présenté aux audiences depuis.

Selon le dossier, plusieurs plaignants lui ont remis des fonds pour la réalisation de voyages :

- Fatoumata Bah : 125 millions GNF

- Aladji Mamadou Wansan Bah : 85 millions GNF

- Mamadou Samba Barry : 99 millions GNF

- Elhadj Alpha Saliou Barry : 20 millions GNF

- En plus, 10 000 dollars américains reçus pour des démarches similaires.

Lors d’une précédente comparution, le prévenu avait reconnu les faits, évoquant des retards imprévus ayant empêché la réalisation des voyages. À ce jour, un remboursement partiel de 291 millions GNF a été effectué, laissant un reliquat de 263 millions GNF.

L’avocat de la partie civile a demandé la restitution du reliquat de 263 millions GNF et la condamnation du prévenu au paiement de 400 millions GNF à titre de dommages et intérêts.

Le ministère public, représenté par la procureure Joséphine Widoh Béavogui, a estimé que les faits d’escroquerie sont établis et a requis une peine de trois ans d’emprisonnement, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le prévenu.

Le tribunal, présidé par le juge Thierno Oumar Barry, a renvoyé l’affaire au 2 février 2026 pour rendre le verdict. Aucune décision définitive n’a encore été prise, et la procédure se poursuivra pour statuer sur la peine, la restitution des fonds et les dommages et intérêts.